QUESTION DE CONGRES DE LA LIGUE :
Comment faire société ?
Compte rendu de la réunion du 22 mars 2007 et ouverture aux débats futurs

1 - Qu’est-ce qui bloque ?

qu’est-ce qui menace, dans le Gard en général et à Nîmes en particulier (et ses agglomérations) d’éclater ?

• le taux élevé de chômage, le faible niveau des revenus
• le rassemblement des familles à problèmes dans le même quartier (les ghettos). La population d’origine immigrée est massivement touchée par la pauvreté et victime de discriminations à l’embauche : elle est massivement représentée dans les quartiers.
• L’isolement dans les villages des mêmes familles en grande difficulté.
• L’échec scolaire des enfants des « pauvres » qui se retrouvent entre-eux dans les mêmes écoles : écoles et collèges ghettos.
• L’inégalité d’accès à la culture :
- Dans la ville : les lieux d’expositions ne sont pas dans les quartiers en difficultés, les lieux de spectacles de prestige non plus.
- Dans les campagnes, dans les villages : il n’y a plus de lieux de culture, hormis les efforts de quelques municipalités. La plupart des personnes des couches moyennes aux couches pauvres ne se déplacent pas vers les spectacles de la ville : ils n’ont que la télé. Ils ont même perdu l’envie d’assister à des spectacles qui ne sont pas pour eux.

• La perte de repères : notamment historiques

On ne peut pas se projeter dans l’avenir si on n’a pas de passé commun. Cette amnésie frappe surtout les couches à problèmes. Perdre son passé (qui a pu être glorieux), c’est perdre sa fierté, c’est perdre l’envie.
Par exemple : qui a défendu la liberté, la dignité de notre pays dans les conflits de 39/45, l’Indochine et l’Algérie ? Les tenants de la soumission aux fascistes, les colonialistes, les putschistes ou le camp de la liberté ? Qui était dans ces camps ?

2 – Comment utiliser ces problèmes pour faire société ?

Le rôle de la Ligue, donc celui de la FALEP, donc celui de ses associations est, dans leur activité, de ne pas baisser les bras devant l’immensité des problèmes. Les situations nouvelles, que nous ne connaissions pas avant, ne peuvent pas être niées, ne peuvent pas être supprimées : elles s’imposent à nous.

Exemple : l’individualisme

Nous avons, pour les plus anciens, une époque où l’individualisme était un gros mot. Un comportement individualiste était un mauvais comportement. Le collectivisme, aussi appelé « intérêt général » rassemblait les courants de pensées marxistes et gaullistes. Les chrétiens ont toujours vécu positivement en troupeau conduit par un berger.

Or, l’individualisme, développe le fait que chaque individu existe et se définit par lui-même et pas par son groupe ou ses origines. C’est le fait des sociétés démocratiques. La société démocratique ne connaît que des individus, tous égaux en droit et en dignité, et un groupe, quel qu’il soit (communauté, religion, origines géographiques ou éthiques…) ne peut pas être supérieur à un individu.
Quand l’Etat ne reconnaît pas l’individu, il devient non démocratique : dictature religieuse, politique, ethnique.
Notre idéologie, à nous les ligueurs, est l’idéal démocratique.

Alors que faire avec cet individualisme ?

Nous pensons que, dans un système politique démocratique, les individus, chacun unique, chacun divers, vont trouver intérêt non pas à s’opposer mais à coopérer avec les autres, vont accepter des règles qui borneront leur liberté, mais leur garantiront un espace incompressible de liberté, le même pour tous.

L’individu pourra même s’affronter à un ou plusieurs autres dans une confrontation/compétition dont les règles, acceptées – à priori – seront la garantie de la loyauté et de la régularité du débat/compétition.

Mais cela suppose un haut niveau de formation citoyenne et sociale pour accepter cela. C’est le résultat d’une lutte longue et difficile menée par des groupes d’individus convaincus de l’idée démocratique et qui en avaient compris les enjeux de haut niveau de formation et de culture. Ceux qui fondèrent la Ligue sont de ceux-là.

3 - En conclusion :

Nous devons transformer les difficultés en ressources. Prendre appui sur la réalité telle qu’elle est et non sur ce que nous souhaiterions qu’elle soit.

Par exemple : transformer la rage que crée chez les ados le sentiment de l’échec scolaire en rage pour réussir dans le cadre que leur propose les ateliers relais.

Ou bien transformer l’envie de vedettariat sportif en envie de participer à une activité avec les autres dans laquelle on aura le plaisir à la fois de pouvoir gagner et de pouvoir partager ce plaisir, et voir son effort devenir beaucoup plus efficace parce qu’il se multiplie avec celui des autres.

4 – Etude des cas :

Nous avons retenu, pour notre fédération, deux thèmes pour lesquels nous avons une action importante et des résultats significatifs dans le « comment faire société » ? : ce sont

4.1 La jeunesse : par les ateliers relais, les formations BAFA/BAFD, les séjours vacances, les ateliers européens, les actions antiracistes, la promotion de la lecture…

4.2 La culture : le festival de théâtre en zone rurale et les actions regroupées sous l’appellation « devoir de mémoire ».

La tâche de la prochaine réunion de la commission « Question de Congrès » sera de valider un questionnaire qui pourrait avoir la forme suivante :

• Quel est le (les) problème(s) auquel notre activité répond dans le besoin de créer – de renforcer du lien social ?

• Comment y répondons-nous ?

• Pouvons-nous élargir le champ social sur lequel nous travaillons ?

• Quel est le rôle d’éducation du citoyen que nous revendiquons ?

Débat du 22 mars 2007 :

Les questions et les interventions on porté sur le bilan de la société actuelle, de la séparation qui s’agrandit entre les couches sociales, regroupant aussi des découpages en communautés, des difficultés à appréhender les nouvelles formes culturelles, de la difficulté à analyser la mondialisation sous tous ses aspects, de l’accroissement des inégalités sociales qui ont leurs effets dramatiques sur la formation des jeunes, leur échec scolaire, leur isolement sociétal débouchant sur la violence.

Nous en avons conclu que notre démarche, à notre mesure, est de promouvoir l’éducation sous toutes ses formes, à tous les âges : c’est la seule façon de faire évoluer positivement (selon nos valeurs humanistes démocratiques) la société contemporaine.

Prochaine réunion de la commission : jeudi 29 mars à 18 h à l’Agora.

Non seulement tous ceux qui étaient présents sont attendus, mais aussi tous ceux qui se sentent concernés par la politique de la Ligue, par ceux qui veulent vraiment donner un sens à leur engagement !

Le Secrétaire de la FALEP,
Jean-Claude MICHEL