1 - Qu’est-ce qui bloque
?
qu’est-ce qui menace, dans le Gard en général
et à Nîmes en particulier (et ses agglomérations)
d’éclater ?
• le taux élevé de chômage, le faible
niveau des revenus
• le rassemblement des familles à problèmes dans
le même quartier (les ghettos). La population d’origine
immigrée est massivement touchée par la pauvreté
et victime de discriminations à l’embauche : elle est
massivement représentée dans les quartiers.
• L’isolement dans les villages des mêmes familles
en grande difficulté.
• L’échec scolaire des enfants des « pauvres
» qui se retrouvent entre-eux dans les mêmes écoles
: écoles et collèges ghettos.
• L’inégalité d’accès à
la culture :
- Dans la ville : les lieux d’expositions ne sont pas dans
les quartiers en difficultés, les lieux de spectacles de
prestige non plus.
- Dans les campagnes, dans les villages : il n’y a plus de
lieux de culture, hormis les efforts de quelques municipalités.
La plupart des personnes des couches moyennes aux couches pauvres
ne se déplacent pas vers les spectacles de la ville : ils
n’ont que la télé. Ils ont même perdu
l’envie d’assister à des spectacles qui ne sont
pas pour eux.
• La perte de repères : notamment historiques
On ne peut pas se projeter dans l’avenir si on n’a
pas de passé commun. Cette amnésie frappe surtout
les couches à problèmes. Perdre son passé (qui
a pu être glorieux), c’est perdre sa fierté,
c’est perdre l’envie.
Par exemple : qui a défendu la liberté, la dignité
de notre pays dans les conflits de 39/45, l’Indochine et l’Algérie
? Les tenants de la soumission aux fascistes, les colonialistes,
les putschistes ou le camp de la liberté ? Qui était
dans ces camps ?
2 – Comment utiliser ces problèmes
pour faire société ?
Le rôle de la Ligue, donc celui de la FALEP, donc celui de
ses associations est, dans leur activité, de ne pas baisser
les bras devant l’immensité des problèmes. Les
situations nouvelles, que nous ne connaissions pas avant, ne peuvent
pas être niées, ne peuvent pas être supprimées
: elles s’imposent à nous.
Exemple : l’individualisme
Nous avons, pour les plus anciens, une époque où
l’individualisme était un gros mot. Un comportement
individualiste était un mauvais comportement. Le collectivisme,
aussi appelé « intérêt général
» rassemblait les courants de pensées marxistes et
gaullistes. Les chrétiens ont toujours vécu positivement
en troupeau conduit par un berger.
Or, l’individualisme, développe le fait que chaque
individu existe et se définit par lui-même et pas par
son groupe ou ses origines. C’est le fait des sociétés
démocratiques. La société démocratique
ne connaît que des individus, tous égaux en droit et
en dignité, et un groupe, quel qu’il soit (communauté,
religion, origines géographiques ou éthiques…)
ne peut pas être supérieur à un individu.
Quand l’Etat ne reconnaît pas l’individu, il devient
non démocratique : dictature religieuse, politique, ethnique.
Notre idéologie, à nous les ligueurs, est l’idéal
démocratique.
Alors que faire avec cet individualisme ?
Nous pensons que, dans un système politique démocratique,
les individus, chacun unique, chacun divers, vont trouver intérêt
non pas à s’opposer mais à coopérer avec
les autres, vont accepter des règles qui borneront leur liberté,
mais leur garantiront un espace incompressible de liberté,
le même pour tous.
L’individu pourra même s’affronter à un
ou plusieurs autres dans une confrontation/compétition dont
les règles, acceptées – à priori –
seront la garantie de la loyauté et de la régularité
du débat/compétition.
Mais cela suppose un haut niveau de formation citoyenne et sociale
pour accepter cela. C’est le résultat d’une lutte
longue et difficile menée par des groupes d’individus
convaincus de l’idée démocratique et qui en
avaient compris les enjeux de haut niveau de formation et de culture.
Ceux qui fondèrent la Ligue sont de ceux-là.
3 - En conclusion :
Nous devons transformer les difficultés en ressources. Prendre
appui sur la réalité telle qu’elle est et non
sur ce que nous souhaiterions qu’elle soit.
Par exemple : transformer la rage que crée chez les ados
le sentiment de l’échec scolaire en rage pour réussir
dans le cadre que leur propose les ateliers relais.
Ou bien transformer l’envie de vedettariat sportif en envie
de participer à une activité avec les autres dans
laquelle on aura le plaisir à la fois de pouvoir gagner et
de pouvoir partager ce plaisir, et voir son effort devenir beaucoup
plus efficace parce qu’il se multiplie avec celui des autres.
4 – Etude des cas :
Nous avons retenu, pour notre fédération, deux thèmes
pour lesquels nous avons une action importante et des résultats
significatifs dans le « comment faire société
» ? : ce sont
4.1 La jeunesse : par les ateliers relais, les formations BAFA/BAFD,
les séjours vacances, les ateliers européens, les
actions antiracistes, la promotion de la lecture…
4.2 La culture : le festival de théâtre en zone rurale
et les actions regroupées sous l’appellation «
devoir de mémoire ».
La tâche de la prochaine réunion de la commission
« Question de Congrès » sera de valider un questionnaire
qui pourrait avoir la forme suivante :
• Quel est le (les) problème(s) auquel notre activité
répond dans le besoin de créer – de renforcer
du lien social ?
• Comment y répondons-nous ?
• Pouvons-nous élargir le champ social sur lequel nous
travaillons ?
• Quel est le rôle d’éducation du citoyen
que nous revendiquons ?
Débat du 22 mars 2007 :
Les questions et les interventions on porté sur le bilan
de la société actuelle, de la séparation qui
s’agrandit entre les couches sociales, regroupant aussi des
découpages en communautés, des difficultés
à appréhender les nouvelles formes culturelles, de
la difficulté à analyser la mondialisation sous tous
ses aspects, de l’accroissement des inégalités
sociales qui ont leurs effets dramatiques sur la formation des jeunes,
leur échec scolaire, leur isolement sociétal débouchant
sur la violence.
Nous en avons conclu que notre démarche, à notre
mesure, est de promouvoir l’éducation sous toutes ses
formes, à tous les âges : c’est la seule façon
de faire évoluer positivement (selon nos valeurs humanistes
démocratiques) la société contemporaine.
Prochaine réunion de la commission : jeudi 29 mars à
18 h à l’Agora.
Non seulement tous ceux qui étaient présents sont
attendus, mais aussi tous ceux qui se sentent concernés par
la politique de la Ligue, par ceux qui veulent vraiment donner un
sens à leur engagement !
Le Secrétaire de la FALEP,
Jean-Claude MICHEL
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