Les prochaines semaines seront, en France, des rendez-vous
politiques décisifs avec l’élection du Président
de la République et le renouvellement de l’Assemblée
nationale. La Ligue de l’enseignement, mouvement d’éducation
populaire fidèle à son histoire et à ses valeurs,
entend y jouer le rôle qui est le sien : aider à la
construction d’une conscience civique, relayer la conviction
des citoyens et traduire sa pertinence auprès des candidats
à ces élections afin de donner légitimité
au mandat qui leur sera confié. Elle veut, ainsi, rendre
la République conforme aux principes qui la fondent pour
affronter les nouveaux défis du monde contemporain. Or, la
devise républicaine « liberté, égalité,
fraternité », dont la laïcité fait la synthèse,
est trop souvent contredite par la réalité quotidienne
et menacée de disqualification.
Il est donc urgent de rétablir des liens de confiance entre
les citoyens et leurs représentants politiques. Il en va
de la permanence de la démocratie comme de sa qualité.
Pour cela, il faut éviter les discours d’affichage
ou d’incantation pour exprimer une volonté réelle
de réduire les fractures qui traversent la société
française et hypothèquent son avenir. Il faut que
des engagements précis soient pris, que des calendriers soient
élaborés, pour permettre la définition et la
mise en oeuvre de mesures plus soutenues dans la lutte contre les
discriminations et pour l’égalité des droits.
Il faut aussi une exigence plus forte pour sortir la vie politique
de l’enfermement des sondages ou de la médiatisation
de l’accessoire comme de l’inflation des lois et règlements
ou des politiques d’affichage qui nourrissent, par exemple,
le thème de la sécurité. Une claire présentation
des enjeux que nous devons affronter, des réponses que souhaitent
privilégier les candidats et les groupes politiques qui les
soutiennent, doivent permettre aux citoyens, dans leur diversité,
de se sentir concernés par la politique.
Ils pourront ainsi être acteurs d’un monde qui a plus
changé en une vingtaine d’années qu’en
un siècle. L’Etat nation, creuset de la sociabilité,
mais aussi territoire d’expression de la souveraineté,
résiste mal aux assauts de la globalisation économique
essentiellement mue par la soif d’accumulation financière
d’individus ou de groupes minoritaires, alimentant, en retour,
les nationalismes agressifs. La crise environnementale, les questions
énergétiques, l’épuisement des ressources
naturelles, la réduction de la misère et l’accès
aux soins et à l’éducation pour tous, imposent
l’invention de solutions planétaires dont la mise en
œuvre ne se révèlera opératoire qu’à
un horizon de plusieurs décennies.
A l’occasion du débat qui s’ouvre, la Ligue
de l’enseignement soumet aux candidats, comme aux citoyens,
des axes de réflexions. Elle souhaite que l’intelligence
et l’esprit collectifs, qui, dans les moments importants de
notre histoire, ont su animer nos concitoyens, soient mis au service
d’un renouveau de la démocratie et de la justice sociale.
A cette fin, elle présente quatre champs de propositions
qui sont une invitation à débattre :
Favoriser le renouveau de la citoyenneté par une dynamique
nouvelle de la vie associative et de l’éducation populaire.
Refonder l’Ecole et permettre à tous d’apprendre
et de se cultiver tout au long de sa vie.
Garantir la justice sociale, l’expression de la diversité
culturelle et la laïcité.
Engager la France dans le chantier du développement durable
et solidaire de la planète.
Télécharger l'intégralité du Manifeste
sur le site de la Ligue de l'Enseignement
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