ASSEMBLEE GENERALE DE L’U.S.E.P. DU GARD
MERCREDI 16 NOVEMBRE 2005
BOUILLARGUES
RAPPORT MORAL
Il y a 100 ans, le 9 décembre 1905, la loi de séparation des Églises et de l'État adoptée par la troisième République venait finaliser définitivement un processus de laïcisation commencé en 1880. Un processus fait de multiples lois qui instauraient une réorganisation de la société française par les libertés fondamentales qu'elles affirmaient, pour permettre à tous de "vivre ensemble" dans un climat apaisé.
C’est ce « vivre ensemble » que l’USEP a toujours défendu et développé au travers des actions qu’elle a mises en place, au delà des simples valeurs sportives qui en sont la base.

C’est ce « vivre ensemble », mis en avant dans les nouveaux programmes de l’Education nationale, que visent depuis longtemps les enseignants qui viennent à l’USEP, au delà des manifestations sportives qui en sont le socle.

C’est ce « vivre ensemble » enfin qui doit être l’objectif primordial à atteindre pour tous les partenaires qui aident l’USEP dans ses actions.

Les dramatiques évènements que connaissent aujourd’hui certains quartiers, même s’ils trouvent leur fondement dans des problèmes complexes, nous poussent à croire que c’est là un objectif majeur.

Forte de ses 14 111 licenciés, l’USEP du Gard poursuit inlassablement cet objectif au travers de multiples actions qui connaissent toujours un franc succès. J’illustrerai ce succès par ce qui fut une grande fête : le trentième anniversaire du Challenge Nuez de foot à 7. Né dans la douleur avec le désir d’une poignée de militants de créer une rencontre de jeunes dans le souvenir d’un jeune collègue tragiquement disparu (Claude Nuez), cette rencontre perdure 30 ans plus tard grâce à la volonté de multiples partenaires qui savent bien tout le bénéfice qu’en retirent les enfants ; et pourtant, en 30 ans, les têtes ont changé plusieurs fois ! Mais l’esprit de la rencontre, empreint de respect et de fraternité, est resté.

Malgré ce succès, l’avenir de l’USEP du Gard se retrouve fortement menacé ; les moyens qu’elle offre aujourd’hui ne permettent pas de répondre aux besoins et aux initiatives émanant du terrain, ce qui laisse mal augurer de ce que pourrait être la suite, problème déjà soulevé l’année dernière. Pourquoi ? Parce que les aides s’effritent.

Tout d’abord, les aides financières, qui n’augmentent pas (alors que tout augmente) ou pire, vont à la baisse :

- ainsi la subvention allouée par le Conseil général a été réduite de 26 %. Je devrais dire n’a été réduite QUE de 26 %, puisque, et c’est une décision politique, l’enveloppe allouée au secteur sportif a été réduite, elle, de 40 %. Heureusement que l’USEP du Gard a bénéficié de regards bienveillants qui connaissent toute l’importance de ses actions et qui ont su minimiser la baisse de notre subvention à 26 % (l’USEP entre dans tous les objectifs départementaux définis par M. Damien Alary). Mais même si l’on doit être reconnaissant envers ces personnes qui aident l’USEP à la hauteur de leurs moyens (et là je me tourne vers M. Didier BOYER), c’est un état de fait que la subvention a baissé et que cette baisse nous met dans la difficulté ; d’autant plus que cette année, l’enveloppe n’a été connue qu’au mois de Juillet, une fois que toutes nos actions furent terminées, et donc les frais engagés.

- ainsi, et ceci rejoint ce que je développais au début sur les évènements actuels, les actions mises en place dans les ZEP de Nîmes qui ne pourront plus être maintenues en l’état parce que l’enveloppe du CEL a baissé (à peu près) de moitié ; pourtant le constat est là : les gamins en ont besoin, il ne faut pas les laisser tomber !

Ensuite, l’aide que peut apporter à l’USEP son implication dans la formation des enseignants. Si le stage organisé en fin d’année en partenariat avec l’IUFM permet de faire connaître notre mouvement aux enseignants débutants, l’USEP par contre a totalement disparu du Plan Départemental de Formation. La formation des directeurs, la mise en place des nouveaux programmes semblaient pourtant être des vecteurs intéressants pour une intervention de l’USEP dans des stages. La convention signée avec le ministère de l’Education nationale précise d’ailleurs que l’USEP est un partenaire privilégié pour la formation des enseignants. Aujourd’hui, l’USEP du Gard ne se retrouve plus directement en prise avec eux.

Enfin, l’aide que peut apporter notre Mouvement lui-même que ce soit au plan national ou au plan local ; financement de projets, aides dans le fonctionnement, implication de personnels.

L’USEP, consciente de ses difficultés, a bien sûr réagi, cherchant des solutions en interne ; de substantielles économies ont été réalisées grâce à la bonne mobilisation des adhérents : des solutions ont été adoptées partout dans le département pour répondre au plan de gestion des dépenses mis en place par le Comité départemental et adopté en A.G. l’année dernière, avec la création des « associations de coordination » (vous le verrez lors du bilan financier) ; de plus, le bureau et les permanents travaillent à la recherche de nouveaux partenaires tels que les communautés de communes ou d’agglomération, ou à une diversification des actions proposées ; enfin, une nouvelle proposition au niveau de la tombola sera faite et débattue aujourd’hui pour dynamiser celle-ci et donner plus de liberté de gestion aux associations de coordination.

Le potentiel est toujours là puisqu’il semble qu’après quelques années de forte baisse des effectifs (grèves fortes, inondations …), 2005 ait vu la stabilité quasi revenir, l’année qui commence laissant augurer une légère augmentation (à la même date qu’aujourd’hui) ; la demande aussi est là ; les besoins sont là …

Mais les efforts en interne atteignent leur limite, et la sauvegarde de l’USEP ne pourra se faire sans une réaction forte de nos partenaires :

- à défaut de ne pas les voir augmenter, les subventions ne doivent plus baisser et être connues tôt.

- pour garder un impact certain auprès des enfants, la formation des adultes est essentielle.

- pour répondre à la demande et aux besoins, satisfaire les licenciés et gagner en cohérence, un engagement fort doit se faire à tous les niveaux de la Ligue.

Ceci n’est pas une traditionnelle et conventionnelle demande, mais un cri d’alerte : une véritable demande « d’assistance à personne morale en danger » ; tous les jours, aux quatre coins du département, l’USEP vit par l’engagement des adhérents, volontaires, bénévoles, et passionnés que nous sommes, parce que nous croyons dans les valeurs que l’USEP véhicule et de leurs bienfaits sur la société ; mais cet enthousiasme s’étiole devant le manque de moyens grandissant ; alors oui, le Président que je suis se fait l’échos de tous les adhérents et le dit bien haut : ce sont des engagements forts dont nous avons besoin !

Des engagements qui permettront, aux actions ZEP de porter leurs fruits, qui permettront à nos enfants d’apprendre dans l’action le respect, l’écoute, le partage pour bâtir leur vie future, des engagements qui verront le challenge Nuez compter 30 années de plus, bref qui permettront à l’USEP de continuer sa mission dans les écoles, dans les quartiers, dans les villages … Pour apprendre à « vivre ensemble », il ne suffit pas de l’inscrire dans les programmes de l’Ecole, il faut aussi des actions porteuses sur le terrain, notamment dans les zones sensibles.

Alors, si l’on voit s’instaurer des échanges de mots plutôt que de cailloux, ou nourrir le feu de la discussion plutôt que celui des biens d’autrui, on pourra dire que oui, très certainement, l’USEP et ceux qui l’ont aidée dans sa mission y ont contribué en sachant prendre de bonnes décisions. Ils se seront donnés les moyens de développer ce « vivre ensemble », comme l’ont voulu nos aînés, dans la droite lignée de la liberté et du respect de chacun visés par le législateur républicain.